La Police nationale bolivarienne relève le défi

Habités de pensées meurtrières et destructrices, voleurs, assassins etmalandros semblent s’en donner à cœur joie au Venezuela. En 2008, 14 467 homicides y ont été enregistrés, la capitale (2 165 morts violentes) étant particulièrement affectée. Les modalités de cette situation préoccupante ? Multiples : cambriolages, attaques à main armée, conflits entre pandillas (bandes), kidnapping express, assassinats — avec, en arrière-fond, une forte pénétration des narcotrafiquants, voire de paramilitaires colombiens. Toutefois, l’une des causes du phénomène attire particulièrement l’attention. « Souvent, quand on désarticule une bande, rappelle M. Miguel Angel Pérez, vice-président de l’Institut d’études avancées (IDEA), on découvre un ou plusieurs membres des forces de sécurité en son sein. » Ce que confirme un habitant de Petare, une ville dans la ville, un inextricable fouillis de dizaines de barrios(quartiers populaires) : « Des personnes ont vu, certaines nuits, des policiers remettre des armes à des délinquants. » Sans oublier, s’agissant des hommes en uniforme, la pratique récurrente de la torture et des exécutions sommaires, au cours ou hors des affrontements…

En inaugurant « officiellement » (il fonctionne depuis octobre 2009) le Centre de formation policière (Cefopol) de l’Université nationale expérimentale de la Sécurité (Unes), le 13 mai dernier, le président vénézuélien Hugo Chávez a poussé un « coup de gueule ». Alors que, peu de temps auparavant, le ministre de l’Intérieur, M. Tareck El Aissami, avait dénoncé la responsabilité de policiers dans 20 % des délits commis dans le pays, le chef de l’Etat a réclamé la création d’une « loi spéciale » punissant de trente ans de prison tout membre des forces de sécurité impliqué dans un crime ou un acte de corruption, car, a-t-il déclaré, « c’est une des réalités les plus graves auxquelles est confronté le pays (1) ».

« Depuis deux cents ans, fait remarquer Mme Soraya El Ashkar, secrétaire exécutive du Conseil général de police (Cogepol), la police est une institution en marge de l’Etat. » Dans ce pays décentralisé, il en existe cent trente-cinq différentes — dont cinq pour la seule Caracas (2) — aux ordres des maires et gouverneurs (parfois d’opposition), chacune formée comme il lui chante, chacune faisant ce qui lui convient. « Elles ne se parlent pas, ne se regardent pas. Lors d’interventions, il arrive que les hommes d’une “municipale” et d’une “régionale” s’entretuent ! »

Il a fallu attendre 2006 pour que le ministre de l’intérieur de l’époque, M. Jesse Chacón, remette en cause cet héritage empoisonné et instaure une commission nationale pour la réforme policière (Conarepol) chargée, raconte Mme El Ashkar, de faire un diagnostic en profondeur :« De quels corps de police disposons-nous ? Qui sont les victimes de la délinquance et pourquoi ? Quelle police veulent les Vénézuéliens ? » Au terme de ces trois enquêtes, une série de recommandations aboutit, en juillet 2009, à la création du Cogepol. C’est cet organisme qui va accompagner la naissance d’une Police nationale bolivarienne (PNB) et la transformation de tous les corps de sécurité.

Pourquoi si tard, alors que, depuis longtemps, la délinquance était devenue la préoccupation principale de la population — y compris des secteurs populaires, base sociale de la révolution bolivarienne ?« Excellente question, hésite Mme El Ashkar en hochant la tête. Je n’en sais rien. Mais c’est le premier gouvernement qui assume la responsabilité d’avancer. » En nommant notre interlocutrice à la direction du Cogepol, le gouvernement a clairement annoncé ses intentions. Dirigeante de l’organisation Red de Apoyo (réseau d’appui), elle a « passé vingt-cinq ans de [sa] vie à accompagner et défendre les victimes de la violence policière », précise-t-elle. La voilà désormais à la tête de ceux qu’hier elle dénonçait. « Paradoxal, c’est vrai. Mais ils ont vite compris que je ne suis pas une ennemie car je lutte aussi pour rendre sa dignité à leur fonction. »

Ne pas « défoncer la porte et entrer en tirant »

Après avoir suivi la formation du Cefopol, du 5 octobre au 11 décembre 2009, les mille cinquante-huit premiers fonctionnaires de la PNB sont entrés en fonction dans le barrio de Catia. Le 20 avril 2010, pour douze semaines d’instruction, une deuxième cohorte d’un millier d’hommes et de femmes leur a succédé dans les salles de cours ; à l’exception de ceux qui ont été recalés, ils ont intégré à leur tour la PNB (3). Tous ont entre 22 et 40 ans — et certains, quinze années d’expérience. Tous ont été sélectionnés sur la base de dossiers exempts de tout comportement répréhensible au sein de leur ancien corps (appelé à disparaître), la Police métropolitaine (PM), à la triste réputation.

Entraînement physique et technique. Approche théorique : quatorze matières académiques redéfinissent les standards d’un métier sur lequel, jusque-là, personne ne s’était réellement penché. On part de très loin. « Je pénètre dans une maison pour arrêter quelqu’un, s’échauffe Mme Naibi Morles, qui nous fait visiter l’Unes : je dois d’abord frapper et dire bonjour. » Elle appuie ses paroles d’un large sourire : « Pas défoncer la porte et entrer en tirant ! » Elle met de l’ordre dans ses idées. « Ça doit être défini. Il faut que le policier sache comment il doit agir car, si on ne le lui a jamais précisé, il est impossible de le sanctionner. »

Quel habitant des barrios de Caracas, faisant un effort pour trouver cela drôle, n’a pas, à un moment ou à un autre, raconté : « Quand tu croises des policiers, la seule chose que tu te demandes c’est : de quelle manière vont-ils me matraquer ? C’est ce qui arrive le plus souvent ! »Comment humaniser la fonction ? Comment la transformer en service public de proximité ? Un énorme défi. Du Canada, de Cuba, d’Irlande du Nord et d’ailleurs, des conseillers apportent leur expérience, ponctuellement ou dans la durée, pour transformer l’institution. La visite du Canadien Michael Aruda au Cefopol, en novembre 2009, a laissé une forte impression. « Il nous a dit : “Je suis un policier de base, pas un personnage important”, rapporte Mme Morles. “Mais, dans ma communauté, je sais qui vend de la drogue au lycée ; quels habitants ont des tendances suicidaires ; combien de personnes du troisième âge vivent dans le quartier et quelles maladies les affectent plus ou moins… De sorte que je ne suis pas désarmé quand le coiffeur me dit, un beau matin : “Je n’ai pas vu Mme X, il a dû lui arriver quelque chose, elle vient toujours le lundi.” “Tout le monde me connaît, je peux agir efficacement. C’est ça la prévention.” »

« On a élaboré une formation complètement nouvelle, explique M. Franck Bermúdez, coordinateur administratif du Cefopol. Le vieux modèle, c’était une police contre le peuple, totalement isolée du contexte populaire. Nous la voulons désormais traversée par les droits de l’homme et liée à la communauté. » L’accent est mis sur la dimension sociale, sur « comment ces ex- et futurs policiers peuvent recontextualiser l’exercice de la sécurité ». Pour les premiers élèves issus de la PM, le choc est parfois rude au sein du « module démocratie ». Ceux qui leur servent d’instructeurs, militants plutôt jeunes à la coupe de cheveux très peu réglementaire ou à la barbe fournie, sont ceux qu’ils ont bastonnés dans le passé. Le sentiment inverse étant tout aussi vrai. « Faire la classe à des policiers que tu as toujours vus comme des oppresseurs, qui t’ont pourchassé parce que tu étais de gauche, implique tout un apprentissage, s’amuse M. César Padilla. Maintenant, je les connais en tant que personnes. Il y a une dynamique intéressante, c’est ensemble que nous menons ce processus de réflexion. »

Par définition, le croyant se méfie de quiconque n’appartient pas à sa ligne de pensée. Le débat est parfois vif, incandescent même, lorsque sont abordés des thèmes aussi sensibles que le Caracazo (4) ou le 11 avril 2002. Ce jour-là, c’est — entre autres — la « Métropolitaine » qui a ouvert le chemin à la foule des opposants, préparant le renversement (très provisoire) du président Chávez. « Absolument pas, protestent dans un premier temps les ex-fonctionnaires, nous avons été débordés ! » Les instructeurs comptent sur les doigts de la main gauche les points à analyser. « Nous, avant 1998, quand on manifestait, on passait où on ne passait pas ? On ne passait jamais ! Alors comment est-il possible que, le 11 avril, l’opposition soit arrivée devant le palais présidentiel ? » Les ex-« métros » se trémoussent, mal à l’aise. L’étape suivante les sonne — comme un coup de poing dans l’estomac.

Projection de Claves de una masacre (« Clés d’un massacre ») (5). Réalisé à partir de témoignages et de documents filmés au cœur de la mêlée, il démonte point par point l’enchaînement des événements qui ont abouti au coup d’Etat. Il montre des agents de la PM tirant sur des « chavistes » qui contre-manifestaient pacifiquement (6). « Le film les secoue, constate M. Padilla, c’est assez dur pour eux… » Mais, du coup, les langues se délient. Tel fonctionnaire ayant servi dans la Brigade spéciale de la PM raconte comment on a envoyé son unité protéger l’université — où régnait un calme absolu —, laissant le centre de la capitale désarmé face au déchaînement des radicaux de l’opposition. Les faits se bousculent dans l’esprit des anciens de la « Métro ». Ils arrivent à cette conclusion — que confirme l’un d’entre eux : « On s’est servi de nous ! Ça ne doit plus jamais arriver. »

De cette découverte réciproque de deux univers qui jusque-là s’ignoraient naissent d’autres constats. « L’une des choses qui nous surprennent, confie l’un des animateurs du « module démocratie »,c’est la discrimination dont eux-mêmes ont été victimes, au sein de leurs unités, de la part de leurs officiers. Quand tu subis une telle domination, tu la reproduis lorsque tu as affaire au citoyen. » Les conditions de travail, par exemple… Ils peuvent être de service vingt-quatre heures sur vingt-quatre, quarante-huit, voire cinquante-six heures d’affilée. « C’est de la folie, s’emporte Mme Morles, car ils sont armés ! Moi, au bout de huit heures de boulot, j’ai déjà envie de tuer mon chef ! Après vingt-quatre heures de pression, tu donnes un pistolet à n’importe qui, la bavure est assurée… » Huit heures de service quotidien permettront « une vie de famille, des loisirs, une existence normale » au fonctionnaire de la PNB. « On est en transition, mais on va vers ça. »

Des salaires corrects pour combattre la corruption

Toute l’Amérique latine connaît ce théorème (même si elle n’en tire guère les leçons) : la corruption est d’autant plus prégnante que les salaires sont réduits. « Actuellement, il y a des policiers municipaux qui n’ont pas été payés depuis un an ! » Dans ces conditions, difficile de s’offrir le luxe de l’idéalisme. Perception de « taxes » pour protéger les commerces, règlements d’amendes de la main à la main, trafics, extorsions… C’est donc les tempes battantes — puis avec un soupir de satisfaction — que les premiers candidats à l’intégration dans la PNB ont attendu l’annonce des salaires qui leur seraient octroyés : ils démarrent avec 2 800 bolivars (environ 510 euros), plus une prime de risque de 300 (55 euros) ; « pas le Pérou » (beaucoup moins bien loti en la matière, soit dit en passant), mais, sans cette prime, deux fois et demi le salaire minimum et, tout compris, trois fois ce qu’ils percevaient au sein de la PM et que gagnent, partout dans le pays, les policiers. « Cela, observe-t-on au Cefopol, devrait éviter, sinon toute, en tout cas une part importante de la corruption. »

Police de proximité, donc — « avec une attention particulière pour les secteurs les plus vulnérables, les plus défavorisés », précise M. Luis Fernández, directeur général de la PNB : voilà maintenant ses hommes déployés dans trois quartiers de Catia ; puis à Blandín, Plan de Manzano, Nueva Caracas, Altavista ; bientôt à Gramoven, Samanaquito, Nuevo Horizonte… Mieux équipés que leurs homologues : plus d’uniforme militaire, mais un pantalon bleu à galon rouge (selon le standard international) ; gilet pare-balles sous la chemise (7) ; émetteur-récepteur radio ; pistolet 9mm à double sécurité (dont les numéros de série des balles sont relevés pour identifier leur provenance en cas de besoin — hors contexte « latino », la mesure peut paraître évidente, mais elle est nouvelle ici). Moins armés aussi : un bon vieux bâton de police leur permet de graduer la défense et de ne pas déclencher, pour une broutille, un « conflit de haute intensité ». Dans les locaux refaits à neuf, un bureau d’assistance aux victimes fonctionne, devenu obligatoire avec la nouvelle loi.

A Blandín, au pied de l’empilement bringuebalant de maisons de briques rouges qui ferme l’horizon, Mme Senaira Díaz ne cache pas son plaisir. « Avant, c’était la “Métropolitaine”. Les gens en avaient peur. Ils débarquaient, ils nous collaient contre le mur, ils nous mettaient en joue, ils nous volaient notre argent. Moi, quand je voyais ça, je protestais — “Regardez ce qui se passe ! Je n’accepte pas ! Je ne veux pas être complice de ça !” —, ils m’insultaient… » Ces souvenirs rendent M. Marco Antonio Ramírez nerveux. Il voit passer un uniforme. Il se détend : « Depuis le 20 décembre [2009], la relation a changé du tout au tout. Les policiers de la PNB, c’est comme des habitants, des membres supplémentaires de la famille. Ils discutent avec nous, ils vont de haut en bas du quartier, maison par maison, ils connaissent la communauté. » Un voisin se mêle à la conversation : « Ils collaborent avec le conseil communal, ils évaluent les problèmes, ils offrent leur médiation dans les conflits de voisinage, quand on en a besoin… » Une femme croise les mains sur son estomac : « Ces jours-ci, un jeune a frappé ma fille ; elle est enceinte ; ils se sont déplacés et l’ont emmenée chez le médecin. » M. Ramírez reprend la parole en tendant le doigt :« Ici, avant, à 20 heures, 21 heures, tu ne pouvais pas traîner. Franchement, ça va beaucoup mieux. »

Deux mille policiers formés sur… cent seize mille

Tout nouveau, tout beau ? On peut présenter les choses de cette façon. Car certains trouveront le verre à moitié vide : la PNB ne compte pour l’heure que deux mille hommes — quand il y a de l’ordre de cent seize mille fonctionnaires, toutes polices confondues, dans l’ensemble du Venezuela (chiffres de 2006). Mais d’autres le trouveront déjà à moitié plein : d’après M. Fernández, dans les zones de Caracas concernées par le déploiement de ses unités, les homicides ont diminué de 60,61 %, les vols de 58,49 %, les blessures de 47,10 %, la violence de genre de 66,67 % (8). Parallèlement, dans le cadre du Dispositif bicentenaire de sécurité (Dibise), mis en place dans les trente-six municipios(municipalités) qui concentrent au moins 50 % des délits commis sur l’ensemble du territoire national, et sur les trois premiers mois de 2010, le nombre d’homicides a diminué de 18,24 % — deux cent vingt bandes délinquantes ayant été désarticulées dans la capitale et dans les Etats concernés (Lara, Miranda, Aragua, Zulia, Táchira, Carabobo, Bolívar, Barinas et Anzoátegui (9)).

L’effort va se poursuivre. Dans la cour de l’Unes, une file imposante de jeunes hommes et femmes attend sous le soleil. Ils font partie des mille cinq cents bacheliers de moins de vingt-quatre ans attendus de la campagne de recrutement en cours — car il s’agit aussi de rehausser le niveau. Le gouvernement estime que, dans trois ans, il aura lancé sur le terrain trente et un mille agents de la PNB (10). Qui, entre autres missions, commenceront par remplir les vides : le Delta Amaruco dispose de polices municipales, mais pas de corps de l’Etat ; d’autresmunicipios ne disposent d’aucune force de sécurité.

C’est beaucoup, en si peu de temps, car, s’enthousiasme M. Fernández,« nous travaillons à toute vapeur ». C’est aussi très peu. « Mais il ne s’agit pas de récupérer des hommes, de leur coller un uniforme et de les balancer sur le terrain sans la formation sérieuse à laquelle nous tenons comme à la prunelle de nos yeux. » Vingt-sept spécialités n’instruiront qu’ultérieurement les spécialistes, officiers et groupes spéciaux qui auront compétence sur les zones frontières, l’environnement, la douane, la délinquance organisée, les groupes irréguliers, le narcotrafic, etc. (11)… « Nous commençons par les unités d’ordre public, confirme Mme El Achkar. La PNB n’assumera que progressivement toutes ces autres fonctions ; elle ne peut pas tout faire d’un coup. »

Restent donc de sérieux problèmes. Entre autres : que deviendront les membres des vieux corps de police non sélectionnés pour intégrer la PNB du fait de leur piètre condition physique, de leur inaptitude intellectuelle, psychologique, ou, plus grave, de leur comportement douteux par le passé ? Rien de tel qu’un ancien « policier-délinquant » pour devenir, chassé de l’institution, un « délinquant-délinquant » !« Que va-t-on en faire ? s’interroge Mme Morles. On ne prend pas la question à la légère, c’est complexe, délicat, dangereux. » Elle avoue qu’elle n’a pas la solution à cet aspect de la question. « Mais on ne peut pas avoir dans la rue des fonctionnaires qui ne remplissent pas les impératifs exigés par la société. » Interrogé sur le même thème, le député Tulio Jiménez, président de la commission de politique intérieure de l’Assemblée nationale, se gratte la tête avec embarras : « Je crois qu’il faut établir un programme d’assistance pour ces gens. »Bref, il existe là un trou noir et nul ne semble savoir, à l’heure actuelle, comment le combler.

Par ailleurs, avec l’assistance technique du Cogepol, tous les corps policiers du pays doivent s’adapter au nouveau modèle. Cela requiert en particulier la volonté politique des gouverneurs et des maires, en particulier lorsqu’ils appartiennent à l’opposition. Dans ce pays décentralisé, on les a déjà vus monter au créneau et mener de violentes campagnes lorsque le gouvernement central a entrepris de reprendre le contrôle des aéroports et des ports gérés jusque-là par les Etats. Renoncer à leur faculté d’organiser eux-mêmes, et selon leurs critères, leurs corps de police — qu’on pourrait qualifier de « forces de choc » dans l’hypothèse de fortes tensions politiques — ne va pas forcément de soi.

Néanmoins, Mme El Ashkar se veut optimiste : « On n’a aucun problème pour travailler avec eux. On a déjà eu cinq rencontres régionales et tous se sont déclarés d’accord pour la transformation du modèle policier. » Et au cas où…, précise M. Jiménez, « les gouverneurs sont obligés par la nouvelle loi de suivre la politique définie, sachant qu’il y a des dispositions en relation avec les personnes qui commandent la police : elles doivent avoir l’aval du ministère de l’intérieur. C’est un progrès. » Quant aux premiers intéressés — les fonctionnaires actuellement en exercice —, « la grande majorité sont des gens bien, fait remarquer Mme El Ashkar, ils sont favorables à la professionnalisation. »

On peut reprocher au gouvernement bolivarien d’avoir beaucoup tardé à s’attaquer au problème, réel, de l’insécurité. Mais nul ne saurait nier que l’effort entrepris mérite attention et respect. Et va dans le bon sens. Tout en sachant — car la lucidité n’est pas interdite — que le résultat ne sera pas forcément immédiat.

par Maurice Lemoine (Le Monde diplomatique)

Notes :

(1) Venezolana de Televisión, 13 mai 2010.

(2) Police métropolitaine (sur l’ensemble de la capitale), PoliCaracas (dans lemunicipio — arrondissement — Libertador), PoliBaruta (Baruta), PoliChacao (Chacao), PoliSucre (Petare), auxquelles s’ajoute la police de l’Etat de Miranda où se trouve Caracas.

(3) Le 11 juillet, un troisième groupe de mille trois cent soixante-cinq aspirants a intégré le Cefopol. Mille cinq cents suivront en septembre et mille cinq cents autres en novembre.

(4) Le 27 février 1989, suite à un ajustement structurel imposé par le Fonds monétaire international (FMI), la population de Caracas se soulève. La répression fait environ trois mille morts.

(5) Puente Llaguno : Claves de una masacre, un film d’Angel Palacios, Panafilms, Caracas, 2004.

(6) Lire « Chávez sauvé par le peuple », Le Monde diplomatique, mai 2002.

(7) Il convient également de préciser que les policiers paient un lourd tribut à l’insécurité. Pour la seule année 2010 (à la fin mai), vingt-six d’entre eux avaient déjà été assassinés à Caracas.

(8) « Policía Nacional registra reducción en todos los delitos en 6 meses de labor », Agencia venezolana de noticias, Caracas, 15 juillet 2010.

(9) Agencia bolivariana de noticias, Caracas, 2 juin 2010.

(10) Outre les futurs policiers, l’Unes formera les gardiens de prisons, les pompiers, les criminalistes, la défense civile.

(11) Aucun corps policier du pays, à l’exception de la PNB, ne pourra à l’avenir disposer de groupes spéciaux.

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2 commentaires pour La Police nationale bolivarienne relève le défi

  1. Djamelito dit :

    Les problèmes de la faim et de la santé sont prioritaires à celui de l’insécurité !

    Chavez va réussir… mais c’est clair que les résultats seront visibles que dans quelques années…

    http://djamelitoinfo.blogspot.com/p/la-verite-sur-hugo-chavez.html

  2. Djamelito dit :

    Petite Précision sur mon dernier message : comme il a « réglé » les 2 problèmes prioritaires donc il a plus de temps de s’occupé de l’insécurité… En effet chaque chose à son temps.

    Merci.

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