ALBA

ALBA : Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique
L’Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique – Traité de commerce des Peuples (ALBA – TCP) (« Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América – Tratado de Comercio de los Pueblos » en espagnol) est une organisation politique, sociale et économique pour promouvoir la coopération dans ces domaines entre les pays socialistes de l’Amérique latine et des Caraïbes. D’abord évoquée par Hugo Chávez, président du Venezuela, lors d’un sommet, en décembre 2001, des chefs d’État de la Communauté des Caraïbes, l’ALBA a été officiellement lancée en avril 2005, par la signature d’un « traité commercial des peuples » entre Cuba et le Venezuela. La Bolivie, le Nicaragua, la Dominique et le Honduras se sont depuis associés à l’initiative, qui visait d’abord à promouvoir une alternative à la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques) promue par Washington. Saint Vincent et les Grenadines en est devenu membre le 17 avril 2009. Enfin, en juin 2009, le nombre de membres passe à neuf, suite à l’adhésion d’Antigua-et-Barbuda et de l’Équateur. Depuis janvier 2010, le Honduras ne fait plus parti de l’ALBA après que le congrès en a réclamé sa sortie. Celui-ci redoute la supposée ingérence du Vénézuéla – qui soutient le président déchu Zelaya – dans ses affaires internes
Histoire
Elle a été pour la première fois évoquée par le président Chávez lors du 3e sommet des chefs d’État de la Communauté des Caraïbes (Caricom), en décembre 2001, comme alternative à la Zone de libre-échange des Amériques promue par les États-Unis. Se réclamant en partie du « libérateur » Simon Bolivar, Chávez l’a décrite ainsi:
« Il est temps de repenser et de réinventer les processus affaiblis et agonisants d’intégration sous-régionale et régionale dont la crise constitue la plus évidente manifestation d’un manque de projet politique commun. Heureusement, en Amérique latine et dans les Caraïbes, il souffle un vent favorable au lancement de l’ALBA en tant que nouveau schéma intégrateur qui ne se limite pas au simple commerce mais qui se fonde sur nos bases historiques et culturelles communes et qui vise à l’intégration politique, sociale, culturelle, scientifique, technologique et physique ».
L’Association bolivarienne pour les Amériques est officiellement née à La Havane, en avril 2005, par la signature d’un Traité commercial des peuples (TCP) entre le Venezuela et Cuba. Le but du traité est d’échanger des services médicaux cubains contre du pétrole vénézuelien.
Le TCP est signé une année plus tard, le 29 avril 2006, par Evo Morales, le président de la Bolivie, quelques jours avant que ce dernier annonce sa volonté de nationaliser les hydrocarbures. Les trois chefs d’États s’engagent à lutter contre l’analphabétisme et le chômage, tandis que Cuba s’engage à prendre en charge les soins ophtalmiques des Boliviens qui ne pourraient s’offrir ces traitements.
Le 16 janvier 2007 les nouveaux Présidents des Républiques du Nicaragua (Daniel Ortega) et d’Équateur (Rafael Correa) ont annoncé de concert leur intention de participer à l’ALBA. Le Nicaragua a depuis rejoint l’ALBA, mais l’Équateur a fait part, en juin 2008, de sa décision de ne pas intégrer l’organisation. Rafael Correa avait posé comme précondition à l’intégration de son pays que Caracas rejoigne la Communauté andine, organisation que le Venezuela avait quitté en 2006 suite à la signature d’accords de libre-échange entre les États-Unis, la Colombie et le Pérou.
En janvier 2008, la Dominique rejoint l’ALBA.
Le 25 août 2008, le président du Honduras Manuel Zelaya signe un accord pour que son pays rejoigne l’ALBA en présence de plusieurs chefs de gouvernement de pays membres, dont Hugo Chávez et Evo Morales.
En avril 2009, Saint Vincent et les Grenadines rejoint l’organisation, lors du sommet extraordinaire des chefs d’état et de gouvernement de l’ALBA à Cumaná. Puis c’est Antigua-et-Barbuda qui se joint pleinement à son tour en juin de la même année.
L’Équateur décide enfin de rejoindre l’Alba en juin 2009. Le président équatorien, Rafael Correa, a ratifié publiquement cette adhésion, le 24 juin 2009, durant le 6e sommet extraordinaire de l’ALBA que le groupe a tenu au Venezuela. Lors de ce sommet, l’Équateur, Saint-Vincent et les Grenadines, et Antigua et Barbuda formalisent totalement leur adhésion. Parallèlement, l’ALBA change de nom et devient l’Alliance Bolivarienne des Peuples d’Amérique9. Le président vénézuélien Hugo Chavez a précisé qu’il s’agit d’un changement de sens et de fond, pas seulement de forme. Il a aussi affirmé que désormais, « l’ALBA n’est plus une proposition théorique mais une plateforme politique ».
Le 16 avril 2009, « Le sucre, système unique de compensation régionale (pour le commerce) est né », a déclaré le président vénézuélien après la signature d’un accord sur ce point entre les participants au sommet de l’Alba qui se tenait jeudi à Cumana.
Actuellement, les membres de l’ALBA se rapprochent de la Russie en renforçant leur coopération dans différents domaines : énergie, pétrole, gaz, nucléaire, aide humanitaire, alimentaire, coopération financière, coopération monétaire, industrie automobile, industrie aéronautique, industrie aérospatiale, tourisme, transports, enseignement, services de renseignements, matériel militaire, armes, banque, commerce, pêche, agriculture, mines, armée, diplomatie, politique, transports, recherche scientifique, communications, environnement, défense, sécurité, etc.
But
Sur le plan économique, l’ALBA vise à favoriser la logique coopérative, plutôt que la création d’une zone de libre-échange avec les États-Unis qui passe par un abaissement des droits de douanes, voire leur suppression. Elle s’oppose ainsi directement au « consensus de Washington » qui prônait dans les années 1990 la déréglementation et la mise en place de mesures néolibérales. Plutôt que d’ordonner des privatisations, l’ALBA favorise au contraire le secteur public.
Le Venezuela peut compter sur ses ressources pétrolières pour convaincre certains États de la région, énergétiquement dépendants. L’ALBA ambitionne par exemple de créer une compagnie pétrolière commune, Petrosur, une équivalente à l’échelle de l’Amérique latine de Petrocaribe, qui regroupe des États membres du CARICOM. Outre Petrosur, TeleSUR, une télévision commune conçue comme sorte d’Al Jazeera pour l’Amérique latine, a été lancée en 2005, afin de concurrencer les chaînes CNN et ABC. Le capital de TeleSUR est réparti entre le Venezuela, l’Argentine, Cuba et l’Uruguay (dans l’ordre d’importance).
Des transferts de technologie sont aussi mis en œuvre.
La coopération pourrait s’étendre à d’autres domaines :
en matière de santé : Cuba a déjà passé des accords de coopération avec le Venezuela : ce dernier livre du pétrole à un tarif préférentiel en échange de l’envoi de médecins par Cuba à terme, la défense des États pourrait également faire l’objet de coopération renforcée.
Structure de l’ALBA
Outre les gouvernements, l’ALBA est dotée d’un Conseil des Organisations Sociales, qui représentent les mouvements sociaux, et est doté du même statut que le Conseil des Ministres. Aussi appelé Conseil des mouvements sociaux, celui-ci est ouvert aux associations de pays d’Amérique latine n’ayant pas rejoint l’ALBA.
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Le Bolivarisme
Le Bolivarisme est un courant politique que l’on retrouve en Amérique du Sud. Selon ses partisans, il se fonde sur les idées du libérateur Simón Bolívar, notamment en ce qui concerne la justice sociale, la liberté et l’égalité des droits. Simón Bolívar fut d’ailleurs influencé par le philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau.

Les bolivaristes se revendiquent de certains préceptes formulés par Simón Bolívar dans La Lettre de Jamaïque, le Discours d’Angostura, Le Manifeste de Carthagène et d’autre écrits. Plusieurs fois invoqué en Amérique du Sud, il l’est à nouveau depuis la fin du XXème siècle (dans les milieux radicaux, il serait notamment soutenu par les FARC, par exemple).

C’est surtout Hugo Chávez, actuel président du Venezuela, qui reprend les idées du « Libertador » et il prône le néo-bolivarisme. Même si Chávez a également été influencé par les écrits de l’historien marxiste Federico Brito Figueroa, on peut retrouver les principaux traits du courant initial dans la politique de Chavez : une volonté d’indépendance plus grande vis-à-vis des puissances dominantes (des États-Unis en l’occurrence), mais aussi, comme Bolivar, des tentatives d’unification ou de rapprochement des ex-colonies lorsqu’il tente d’organiser les principales organisations régionales sud américaines. C’est sa volonté d’apparaître comme le rassembleur des peuples dominés d’Amérique Latine qui le rapproche d’un « nouveau Bolivar ».

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